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Le bungalow, le symbole de la banlieue, indissociable du paysage nord-américain

Décrié par les uns, vénéré par les autres, le bungalow fait partie du patrimoine québécois et symbolise le développement de la classe moyenne et le triomphe de la banlieue. Pour les baby-boomers et leurs enfants, il est un synonyme de nostalgie de la vie de banlieue des années 1960 à 1980. Les explications de l'historienne de l'architecture Lucie K. Morisset.

Au Québec, un bungalow est une maison unifamiliale de plain-pied avec un sous-sol. Il apparaît à la fin des années 1940 grâce aux catalogues de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) – à l’époque la Société centrale d’hypothèques et de logement – qui veut aider financièrement les familles à acquérir une maison.

Ces modèles réduisent les coûts de construction pour que les familles sortent des logements et des villes surpeuplées. De plus, la population s’est enrichie et elle a presque doublé dans les décennies suivant la Deuxième Guerre mondiale au Canada.

Le bungalow varie parfois en fonction des diverses habitudes culturelles régionales. En Colombie-Britannique, on trouve le Vancouver Special, et au Québec, le bungalow à long pan. Il comprend un sous-sol de grande superficie sans système de chauffage. À la création des cégeps, à la fin des années 1960, les adolescents migrent vers les villes, et ces sous-sols deviennent des logements pour les étudiants.

Le bungalow se répand beaucoup au Québec parce que les municipalités sont en concurrence entre elles et essaient d’attirer de nouveaux habitants sur leur territoire. Elles développent donc elles-mêmes les égouts et les aqueducs, ce qui réduit les coûts du constructeur et l’apparition du « contracteur », un ouvrier qui achète quelques terrains à la fois et construit des bungalows selon les demandes de ses clients.

« Les bungalows sont un peu la forme architecturale de la première intervention gouvernementale massive dans le domaine du logement au Canada et au Québec. »

— Une citation de  Lucie K. Morisset, historienne de l'architecture

Cette demeure correspond aussi à une systématisation de la manière de planifier des villes autour de principes réglementaires. Selon la Charte d’Athènes de 1941 promulguée au IVe Congrès international d’architecture moderne (CIAM), la ville est répartie en ses diverses fonctions : récréer, habiter, circuler et travailler.

Également dans cette émission, Lucie K. Morisset discute avec l’animateur Maxime Coutié de la réaction d’intellectuels et de chercheurs d’autres cultures par rapport au bungalow, de l’espace qu’il occupe dans l’imaginaire collectif canadien et de sa valeur patrimoniale.



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